Budget de la Région

Interventions et textes concernant le Budget en 2021

SESSION DU 9 AVRIL

Intervention de Mona Bras sur le Rapport financier 2020

https://new.synople.tv/live/20356?s=21926&e=22348&odj=hide

Texte:

Monsieur le Président, chers collègues L’exercice  auquel je me livre aujourd’hui revêt un caractère très particulier pour moi s’agissant non seulement du dernier Rapport financier du mandat entamé en décembre 2014 dans un contexte de crise démocratique née du rythme des attentats meurtriers auxquels la France était soumise ; mais aussi pour moi, peut-être,  d’une dernière session après 17 années passées au service de la Bretagne, de ses habitants, de son avenir. Nous sommes le  9 avril 2021 et, à la crise démocratique qui s’ajoutait à la crise financière, économique et sociale des subprimes de 2008, la loi n’interdisant pas ce genre de cumul, voici la crise sanitaire, ses causes  et ses effets secondaires. Cette mise en perspective, ou mise en abîme, me permets d’aborder sereinement et avec une certaine fierté notre Rapport financier ; toutes choses égales par ailleurs bien sûr. En effet, nous avons traversé d’autres tempêtes avant celle-ci, et à  l’heure actuelle nous ne savons pas combien de temps durera cette crise mais sans être dans la navigation à vue, nous savons nous adapter aux changements de l’environnement dans lequel nous vivons.. Le  Rapport  financier  2020  illustre  particulièrement les impacts de cette crise loin d’être terminée et dont les effets se traduiront certainement sur plusieurs exercices à venir.   Il  traduit  les  efforts  conséquents  et  nécessaires  de soutien liés à la Crise Covid 19 à hauteur des 167M€. Notre équipe a su se montrer réactive en prenant des dispositions audacieuses en faveur non seulement de l’économie, mais aussi et surtout des hommes et des femmes, toutes générations confondues et plus particulière de la jeunesse si impactée par cette crise et ses effets, mais aussi les dispositions en faveur  de la culture et, partant, de la démocratie. Pour autant, la situation financière de la Région reste solide, et nous n’avons pas été  entravés dans nos choix et notre dynamique d’investissements.   Notre Région Bretagne recueille les fruits de la qualité de sa gestion, en occupant le 1er rang des Régions avec un taux moyen de l’encours total ressortant à 0,75 %, nettement en-deçà de 1,76 %, représentant la moyenne des Régions.
Et j’en profite pour saluer  l’audace visionnaire des Présidents et des rapporteurs généraux du budget qui se sont succédés ici depuis 2004 : Jean-Yves Le Drian, Pierrick Massiot, Christian Guyonvarc’h, et vous-mêmes chers Loïg président et Stéphane rapporteur.Cette audace visionnaire et responsable s’est toujours adossée à une vision et une stratégie budgétaire respectée sur le long terme qui nous ont permis d’investir massivement dans le ferroviaire, la fibre optique, le port de Brest, la RN 164, les énergies, les lycées, la formation professionnelle, la culture et les langues.   Déjà en 2008 et 2015, l’actualité nous rappelait douloureusement qu’une communauté humaine ne vivait pas uniquement pour améliorer constamment son PIB ou  avoir la croissance comme raison d’être. Vivre, bien vivre, vivre  ensemble reste un défi et la Bretagne a des atouts à valoriser. La Région investit aussi dans ce qui fait le sel de la Bretagne : les Bretonnes et les Bretons. C’est la formation, la jeunesse, nos langues, la culture et les atouts dont la Nature nous fait le don. Le développement de la Bretagne passe par ces investissements, et cette confiance entre nous, toujours à cultiver. Dans une  Bretagne toujours pas réunifiée, nous restons dans un paradoxe total. Nous sommes l’une des régions où l’attente de la population par rapport à l’intervention au niveau régional est la plus forte et nous sommes en même temps celle où la capacité budgétaire est l’une des plus faibles.  Ceci me ramène à notre contribution au débat national sur la décentralisation, démarche unique en France, mais hélas restée dans le tiroir d’un bureau parisien alors que tous les espoirs étaient permis en 2012… La lecture de la presse cette semaine a été édifiante pour moi. En effet j’ai appris que, selon une  étude menée par des scientifiques de l’Okinawa Institute of Science and Technology Graduate University au Japon, l’homme serait génétiquement équipé pour transformer sa salive en venin. Mais, monsieur le Président, mes chers collègues, ce n’est pas une prédiction, c’est déjà une réalité, il suffit d’entendre certains commentaires et jugements à l’arsenic sur les réseaux sociaux ou ailleurs. Par ailleurs, nous sommes le  9 avril 2021, et cela fait exactement 109 ans que le Titanic partait pour son voyage inaugural et faisait naufrage le 14 avril 1912.  Cette date anniversaire devrait nous appeler à l’humilité de la place qui est la nôtre dans l’univers.
Nicolas Hulot avait choisi en 2009 de titrer son livre prémonitoire «Le syndrome du Titanic».Il nous y disait ceci, je le cite  :  «Les jours du monde tel que nous le connaissons sont comptés. Comme les passagers du Titanic, nous fonçons dans la nuit noire en dansant et en riant, avec l’égoïsme et l’arrogance d’êtres supérieurs convaincus d’être maîtres d’eux-mêmes comme de l’univers.  Et pourtant, les signes annonciateurs du naufrage s’accumulent : dérèglements climatiques en série, pollution omniprésente, extinction exponentielle d’espèces animales et végétales, pillage anarchique des ressources, multiplication des crises sanitaires. Nous nous comportons comme si nous étions seuls au monde et la dernière génération d’hommes à occuper cette Terre : après nous, le déluge ?… »C’était en 2009, au lendemain de la crise des subprimes de 2008 ; le naufrage nous le vivons en direct et notre collectivité par l’adoption de la Breizh Cop a su s’impliquer pour les temps présent et les générations futures, en irriguant toutes ses missions du sel des transitions.
La Bretagne, ses habitants et ses collectivités ont cette capacité d’adaptation et d’enthousiasme dès lors qu’il s’agit de justice sociale et territoriale, d’environnement, de solidarités, de langues et de culture. La vision de la Bretagne que nous avons portée sur ces bancs depuis 2004 est toujours vivante et la détermination des Bretonnes et des Bretons est intacte en ce qui concerne la réunification, l’autonomie régionale, un nouveau modèle agricole breton productif et résilient, un nouveau modèle de société plus humain; Tout simplement plus humain…Oui, j’aime la vie, oui nous aimons la vie, dans sa diversité, sous toutes ses formes, dans tous ses territoires ; et ce Rapport financier traduit cet amour et ce respect éprouvés.