Politique générale

SESSION OCTOBRE 2020

Discours de Paul Molac

Texte:

Monsieur le Président, chers collègues

Cette année 2020 aura été une année d’action intense pour la Région Bretagne.

Outre la mise en œuvre de nos chantiers prévus (lycées nouveaux, Espaces territoriaux…), il aura fallu faire face à la crise covid, à des crises économiques où souvent le covid n’est que prétexte, aux conséquences du Brexit.

Et aujourd’hui nous commençons la préparations des actions 2021, au travers des orientations budgétaires notamment.

Aussi, avant d’évoquer les sujets de cette session, je me permet de rappeler 3 principes qui pour notre groupe des Régionalistes doivent servir de repères à l’action publique.

  • Agir à gauche, c’est agir au quotidien pour que les plus fragiles vivent mieux, ou aient des perspectives pour que leurs enfants vivent mieux. Et ce que les plus fragiles soient des individus ou des territoires. Quand vous annoncez, monsieur le président, que parmis les points forts du futur budget régional, il y aura la formation professionnelle des demandeurs d’emplois ou le soutien aux villes moyennes, nous sommes donc en phase. Justice sociale et justice territoriale vont de paire et donne sens à l’action régionale.
  • Agir en Bretagne, c’est agir au quotidien pour faire vivre les singularités des sociétés bretonnes, et pour rapprocher les espaces de décision des sociétés bretonnes. Là encore, nous sommes en phase. Le soutien supplémentaire apporté au réseau Diwan que nous voterons tout à l’heure va dans ce sens. Tout comme la volonté affirmée de tout faire pour que dans le domaine de la PAC, la Région puisse, au minimum, continuer à mettre en œuvre les MAEC, les mesures agro-environnementales. 5000 contrats mis en œuvre dans ce cadre. La profession agricole et la Région évoluent ensemble vers des pratiques plus vertueuses. Ne cassons pas cette dynamique par une recentralisation du système. Malheureusement sur ces deux exemples, Diwan et la PAC, l’Etat fait obstacle aux propositions bretonne. Rappelons que la Région et les autres collectivités avaient fait une proposition unanime dans le cadre de la CTAP sur le forfait scolaire. L’Etat s’était engagé à reprendre cette proposition. En réalité, il a fait semblant, et en a affaibli considérablement la portée. Je ne détaille pas ce point, nous aurons l’occasion d’y revenir dans la journée avec la DM.
  • Enfin, 3ème principe, Agir au XXI° siècle, c’est agir face aux urgences environnementales en humaniste, équilibrer la relation entre l’homme et la nature, sans placer l’un des deux éléments au dessus de l’autre. C’est cette vision qui nous guide lorsque nous cherchons, loin des conservatismes ou loin des débats caricaturaux, à faire évoluer notre économie vers des pratiques plus respectueuses de l’environnement tout en veillant à maintenir l’emploi et la production en Bretagne.

Agir pour les justices sociales et territoriales, agir pour une Bretagne singulière, agir sur les enjeux du siècle en rassemblant plus qu’en opposant les points de vue, voilà 3 principes, 3 démarches, qui caractérisent le travail collectif de notre majorité.

Ces principes, nous les mettons en œuvre dans une Bretagne qui est à la fois diverse et entière.

Diverse, car la Bretagne n’est pas uniforme. Les réalités sociales, économiques, culturelles, ne sont pas tout à fait les même selon les territoires. On parle souvent ici dans cette assemblée ou ailleurs d’une fracture est-ouest en Bretagne. C’est de notre point de vue une vision simplificatrice des choses. Certes, dans les grandes masses, il y a une réalité, les indices de dynamisme sont plus nombreux à l’est d’une ligne Saint-Brieuc-Vannes. Mais s’arrêter à ce constat là, c’est manquer de précision dans l’analyse. En réalité, la plupart des études socio-économiques nous montrent qu’à l’ouest de cette ligne, les données sur la création d’emplois, pour ne citer que cet indicateur, sont bonnes dans le pays de Lorient, avec des effets jusqu’à Concarneau, et que le développement du pays de Brest connaît une dynamique solide.

Quand on regarde dans le détail, sur les question d’emploi, de revenu, de démographie, les territoires qui nécessitent un soutien particulier sont le pays Bigouden, le centre-ouest Bretagne, le Tregor et le haut Léon autour de Morlaix. Pour ces deux derniers, l’actualité renforce l’analyse.

On pourrait ajouter également le secteur de Loudéac, Pontivy Ploermel, où les chiffres de l’emploi sont bon, mais extrêmement dépendant des coups d’accordéon de l’intérim. S’en tenir à une analyse est/ouest, c’est prendre le risque d’oublier l’essentiel : nos fractures sont plutôt entre la Bretagne littorale et la Bretagne intérieure, fracture à laquelle s’ajoutent des fragilité à la frontière des Côtes d’Armor et du Finistère.

C’est pourquoi nous nous félicitons de voir aboutir cette année la mise en place de nos sept antennes territoriales. Sept antennes qui permettront d’ajuster les politiques régionales à la réalité des bassins de vie et de leurs enjeux. Qui permettront de construire nos actions avec les acteurs publics, économiques, associatifs à partir du terrain. Sept antennes qui seront plus que des outils de proximité, car elle peuvent être le support pour démontrer qu’une politique régionale peut s’articuler un peu différemment à Fougère ou à Quimper.

Nous nous félicitons en particulier de cette antenne articulée autour de Pontivy et Carhaix, qui permettra une meilleure prise en compte des réalité de la Bretagne intérieure, à cheval sur 3 départements. C’est une nouvelle manière de construire l’action publique bretonne dans une Bretagne diverse.

Diverse, la Bretagne est aussi entière. Oh, pas tout à fait. Institutionnellement, il manque un département pour qu’elle soit tout à fait entière, le 44. Sur ce point, les choses avancent, on l’a vu dimanche à Nantes lors d’un rendez-vous durant lequel j’ai pu rappeler les engagements du président Chesnais-Girard et de notre assemblée. Lorsque les citoyens du 44 et ou leurs élus se seront prononcés, nous serons prêts à enclencher les processus nécessaires.

Mais quand je disais Bretagne entière, je pensais à un dossier précis.

2021 sera une première. Ce sera la première fois que le Grand Départ du Tour de France ne sera pas coordonné par une ville, mais par une Région. Une Région qui ainsi pèse pour que plusieurs villes accueille l’événement sur plusieurs jours.

Je mentionne ce fait, car il démontre s’il en était besoin, que quand la Région et les autres niveaux de collectivités travaillent dans le même sens, c’est toute la Bretagne qui y gagne. Entre nos espaces territoriaux nouveaux et cette méthode tour de France, gageons que on ne parlera plus d’un prétendu jacobinisme rennais de la Région, mais que chacun saluera une Région collaborative avec tous les territoires. Cette méthode était inscrite déjà dans le B16 puis dans la CTAP, c’est un processus dont la qualité me fait encore plus regretter que le gouvernement ne l’ait pas entendu concernant Diwan.

Je terminerai par une citation d’André Lespagnol, dans un colloque sur l’aménagement du territoire, il déclarait en parlant de la Région :

« Par définition, notre rôle, au-delà de l’investissement financier, est d’abord politique : nous avons vocation à coordonner les acteurs à l’échelle régionale pour qu’ils constituent une masse critique au moment opportun. » Je crois que nous respectons cette phrase, avec par exemple la mise en œuvre de la Coop des masques, mais aussi dans nos stratégies d’interpellation de l’Etat sur les enjeux des emplois stratégiques culturels ou technologiques.

Je vous remercie de votre attention.

Paul Molac

SESSION JUILLET 2020

Texte:

Monsieur le président, mes chers collègues ,

Les mots clefs de cette session sont redémarrage, transitions et régionalisation.

Nous vivons une crise sanitaire et économique particulièrement sévère. Toutes mes pensées vont aux victimes de cette crise.

Les institutions publiques l’affrontent avec détermination, mais les failles de nos organisations se font jour. Certes l’Etat et les Régions ont travaillé de concert pour limiter la casse sociale et économique au travers par exemple du fonds de solidarité.

195 millions d’Euros versés en Bretagne à ce titre aux entreprises et aux associations depuis avril, ce n’est pas rien ! Mais les difficultés sont encore devant nous.

Cependant, quand je lis le mot redémarrage, je pense à ce moment où nous appuyons sur les touches Contrôle Alt Suppr de nos claviers pour arrêter et redémarrer un logiciel en panne.

Car au fonds, c’est bien de cela qu’il s’agit, un logiciel institutionnel en panne, affaibli par le virus du centralisme.

On l’a vu, hors urgence économique, l’Etat s’est montré très lent dans les autres domaines. Et d’ailleurs, si le confinement a été appliqué indifféremment à l’ensemble du territoire, quelque soit les situations sanitaires locales, c’est bien parce que l’appareil d’État, notamment dans le soin et la réduction des risques, n’était pas prêt.

Les collectivités, et les régions en premiers lieux, ont été souvent plus réactives. On peut même dire, en pensant à Alexandre Dumas, qu’ici, en Bretagne, la Région, les départements et le bloc communal ont été les 3 masquetaires.

L’ARS en sait d’ailleurs quelque chose. Il n’est dès lors pas étonnant qu’un débat sur la régionalisation de cet organisme soit désormais ouvert.

La Région et les échelons locaux ont également été ceux qui au printemps se sont révélés les plus prompt et les plus efficaces pour les uns co-ordoner l’action publique avec l’action des entreprises, les autres coordonner l’action publique avec les initiatives citoyennes.

Il faut aussi souligner que si la Région Bretagne a une gestion qualifiée par certains de trop prudentielle sur le plan budgétaire, c’est en réalité cette qualité de gestion qui nous permet aujourd’hui d’absorber une partie de la crise. Il ne faudrait pas cependant que l’Etat réserve ses soutiens aux départements et communes, les Régions elles aussi voient leurs recettes impactées.

Obsolescence du centralisme, réactivité de la région et des échelons locaux : la crise de ce printemps démontre, s’il en était besoin encore, qu’une action publique moderne et co-construite avec les acteurs a besoin de régionalisation, d’autonomie, de moyens pour décider en Bretagne.

C’est dans cet esprit que nous soutenons pleinement le rapport de cette session sur la régionalisation de la PAC, car en matière agricole et agro-alimentaire, décider en Bretagne, c’est

-favorable au modèle breton d’exploitations familiales

-en lien avec les aspirations au mieux manger et au manger local renforcées ce printemps

-et parce que le « bien manger » nécessite de produire autrement, ce qui nécessite co-construction du chemin entre les pouvoirs publics et le monde agricole, et un accompagnement de la PAC adapté au contexte breton. Le tout dans le respect des savoir-faire des professionnels. On ne fera pas évoluer l’ agriculture sans les agriculteurs. C’ est avec eux qu’ il faut construire un nouveau modèle breton.

C’est dans cet esprit favorable au « Décider en Bretagne » que nous nous réjouissons que le dialogue se tisse entre Nantes et la Région Bretagne autour du rapport sur la réunification que nous étudierons demain. C’est en renforçant la réunification par les faits et par les actes, par les partenariats, que nous avancerons dans les esprits.

La question éminemment stratégique de l’énergie hydrogène relève du même esprit. Avec la feuille de route sur le sujet, nous agissons pour l’autonomie par les faits, pour l’écologie par les actes, en lien transition, usages et emplois.

Décider en Bretagne, c’est aussi une Région qui s’implique avec les décideurs économiques. La prise de participation de la Région dans les entreprises est un bon levier pour :

-gérer le court terme, sauver des emplois et raccorder pas à pas les acteurs productifs essentiels aux e,jeux bretons de la durabilité ;

-faire levier pour faciliter la création d’activité nouvelles d’intérêt collectif comme nous le faisons avec la coopérative des masques à Grâces en pays de Guingamp.

L’articulation entre les Régions et leurs échelons infra au service de l’innovation économique, sociale, environnementale et culturelle nous semble être l’enjeu de la modernité de nos institutions. Aussi nous sommes perplexes lorsque le nouveau premier ministre limite l’analyse à la déconcentration, ce qui n’a rien à voir avec la décentralisation, et au lien préfet-maire. De même, s’il faut se réjouir de la recréation d’un ministère de la mer, l’efficience voudrait que dans le même temps on renforce les pouvoirs des régions maritimes à agir pour ce qui les concernent, sans quoi ce ministère pourrait être un ministère amer.

Les municipales nous ont montré que la gauche unie gagne, la gauche divisée perd. Faisons de nos différences une force.

Il en va de même sur la régionalisation. Dans les semaines qui viennent, il faudra que tous les bretons décentralisateurs jouent groupés, c’est la condition pour entrer dans la modernité.

Paul Molac

groupe des Régionalistes

Discours de Paul Molac sur le redémarrage et transitions:

SESSION FEVRIER 2020

Discours de Mona Bras

Texte:

Monsieur le Président, mes chers collègues,

Cette session est importante puisqu’il s’agit du premier budget « Breizh-Copé » de la mandature. L’occasion de montrer comment notre action publique et nos décisions politiques  permettent d’améliorer dans la vie quotidienne des habitants de la région Bretagne.

  D’ores et déjà félicitons-nous de la bonne santé de l’économie bretonne. Un quotidien régional titrait mardi dernier « Tous les voyants sont au vert en Bretagne » (l’écriture inclusive aurait donné une forme humoristique car : tous les voyants et les voyantes sont au vert en Bretagne…Vous l’aurez deviné je viens de gagner un pari). Effectivement, tous les voyants sont au vert en Bretagne car, non seulement Nantes et Rennes sont parmi les 10 grandes villes de France où il fait bon mieux vivre qu’ailleurs (Paris est à la 58è place), mais de plus, les carnets de commandes des entreprises bretonnes sont pleins, se heurtant à la limite du manque de main d’œuvre qualifiée ; les créations d’entreprises sont à la hausse alors que les défaillances restent limitées ; et enfin si les indicateurs de l’agriculture sont globalement positifs, les incidences du Ceta et du Mercosur sur la ferme bretonne sont à prendre au sérieux

Ce budget passe aussi par l’examen lucide de la mise en œuvre du pacte pour la Bretagne entre l’État et les collectivités territoriales, annoncé par le président de la République dans son discours de Quimper, en juin 2018. Où en sommes-nous des ambitions girondines affichées ce jour là ? Où en sommes-nous de la mise en œuvre du contrat signé le 7 février 2019 entre le Premier ministre et vous-même Monsieur le Président ?

Il s’agissait  pour rappel,  

1)    D’améliorer l’accessibilité de la Bretagne et la mobilité du quotidien

2)    D’accélérer les transitions énergétique et écologique

3)    de conforter l’équilibre social et territorial

4)    de valoriser le caractère maritime de la Bretagne

5)    de renforcer la compétitivité bretonne, avec un fort ciblage sur les productions agricoles et agro-alimentaires  –  Et enfin,

6)    de renforcer le rayonnement breton par la valorisation de son identité, de ses cultures et de ses langues.

En 2018 également, le Premier ministre gallois évoquait la possible création d’une Eurorégion entre le Pays de Galles et la Bretagne en raison du Brexit. Nous y sommes, le Royaume-Uni a quitté l’Union européenne, donnant du crédit à cette volonté celtique et européenne d’une collaboration politique, culturelle et économique  trans-Manche qui inclurait l’Irlande pour laquelle l’heure de la réunification semble se rapprocher avec le Brexit et la victoire aux législatives, dimanche dernier, du parti de gauche et nationaliste irlandais qu’est le Sinn Fein.

La question se pose à nous monsieur le Président, madame la vice-présidente aux questions européennes et internationales : quels moyens nous donnons-nous pour aller vers la création de cette euro-région celtique ? La presqu’île bretonne étant le pont entre le continent européen d’un côté, et de l’autre l’Irlande, le Pays de Galles et l’Ecosse.

Je reviens à la région Bretagne.

Autre question de démocratie territoriale, celle de la réunification de la Bretagne pour laquelle 105.000 habitants de Loire-Atlantique inscrits sur les listes électorales réclament un référendum. Pour nous Régionalistes, la question de l’Assemblée de Bretagne ne doit pas faire oublier celle de ce contentieux territorial qui n’a que trop duré.

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Concernant l’accessibilité et les mobilités, la naissance du mouvement des Gilets jaunes à partir de ces questions, montre la nécessité de continuer à investir dans les aménagements structurants des réseaux cars, trains, bateaux, co-voiturage,  dans le double objectif écologique de décarbonner les mobilités, et social de faciliter financièrement les mobilités du quotidien. La loi LOM doit se traduire par une réelle coordination et coopération entre la Région et les EPCI autour des schémas de déplacement, faute de quoi, cette loi deviendrait «lomig» diminutif de Lom, avec tout ce que diminutif sous-entendrait…

Les Régionalistes soulignent la pertinence écologique et sociale du choix fait sous la proposition de Gérard Lahellec, de maintenir le service du train dans le service public contrairement aux autres Régions qui ont opté pour la mise en concurrence dans le secteur privé ; et de la tarification Breizh Go, qui exprime ce que nous sommes, à savoir, la Breizh Gauche au service des familles, des travailleurs, des scolaires, des habitants de tous les territoires de notre région, et au service du climat par la réduction des gaz à effet de serre.

Concernant les transitions  et la bascule énergétique et écologique, l’actualité locale et planétaire nous dicte la ligne de conduite qui ne peut être que coopérative et collaborative entre les Etats et les continents, entre l’Etat, les Régions, les collectivités locales, les entreprises, les associations et l’ensemble des citoyens.    « Le sort de l’humanité en général sera celui qu’elle méritera. » disait Albert Einstein en 1934. Alors, méritons ensemble le monde que nous sommes en train de reconstruire sur de nouvelles bases, pour nous-mêmes mais surtout pour nos enfants et petits-enfants. Charles Eisenstein, jeune enseignant de 53 ans à l’Université de Yale aux USA, promeut l’idée d’une «économie sacrée», titre donné à l’un de ses ouvrages dans lequel il affirme : «Dans chaque institution de notre civilisation, aussi horrible et corrompue soit-elle, il y a le germe de quelque chose de beau L’argent n’est pas une exception. Son but d’origine était simplement de relier les dons humains aux besoins humains, afin que nous puissions tous vivre dans une plus grande abondance. Et l’argent a fini par générer du manque à la place de l’abondance, de la séparation plutôt que de la connexion.» Et Charles Eisenstein nous propose des voies pour vivre dans un monde du cadeau.

Monsieur le président, je préfère le monde du cadeau au monde des tableurs Excel, de la finance, des prédateurs économiques et des rentiers. Et c’est dans ce sens  que va l’action de notre vice-présidente Georgette Bréard  lorsqu’elle met toute son énergie à donner du sens et de la dignité à la formation professionnelle, à l’apprentissage, à l’insertion par le travail et les compétences. Rappelons ici, entre autre, l’efficacité des Comités Territoriaux Emploi Formation au sein desquels travaillent ensemble Etat et Région bien sûr, mais surtout tous les acteurs depuis les organismes de formation jusqu’aux chambres consulaires en passant par les syndicats de salariés ; rappelons aussi les plus de 572 millions d’€uros  investis en Bretagne sur 4 ans pour former

91 000 personnes en recherche d’emploi.

Aussi, avec le fil rouge de la Breizh Cop, après le temps nécessaire de la réflexion concertée, nous entrons dans le FAIRE, F. A. I. R. E Et notre vice-président Thierry Burlot porte avec enthousiasme le développement soutenable et l’écologie solidaire pour mieux féconder tous les secteurs d’intervention et d’action de la Région.

Qui dit budget Breizhcopé, dit équilibres territoriaux et justice sociale, dit ménagement des territoires, y compris ce qui fait notre différence et notre spécificité, à savoir notre identité maritime forte des  mille îles et îlots bretons, …Cette question d’aménagement se fait de plus en plus pressante avec l’arrivée annoncée de plus de 400.000 nouveaux habitants dans les trente années à venir, en raison des effets du changement climatique y compris en France  L’accueil de ces nouvelles populations impacte déjà l’accès à la ressource en eau, au logement, au foncier, aux services, aux transports qui sont des questions concernant les collectivités, les services publics, les entreprises et les commerces.

La Bretagne futur Eldorado du changement climatique ? Soyons vigilants, cette attractivité doit se conjuguer aussi avec la revitalisation de notre maillage urbain unique en Europe, c’est-à-dire avec la revitalisation des centre-villes et des centre-bourgs et avec l’émergence de nouveaux dispositifs économiques et fiscaux aidant à aller dans ce sens.

Ce ménagement des territoires concerne aussi la vocation agricole et alimentaire de la Bretagne. L’agriculture et les paysans sont une partie importante de la réponse aux enjeux du changement climatique, de l’effondrement de la biodiversité et de la question de l’eau, tant en quantité qu’en qualité. Mais comment imaginer le maintien, ou le développement de notre agriculture productive, sans le maintien d’une PAC volontariste et offensive au niveau européen, sans la régionalisation des deux piliers de cette PAC. Comment imaginer contourner les effets mortifères des traités de soi-disant libre-échange tels que Ceta et Mercosur ? Nous savons que l’Union Européenne, c’est-à-dire les Etats-membres, s’engage à importer chaque année 100 000 tonnes de viande de bœuf, 180.000 tonnes de volailles, 25.000 tonnes de porc, et  45.000 tonnes de miel. En contrepartie, les Etats concernés par ces traités, s’engagent à importer de l’aéronautique, des produits pharmaceutiques, de l’automobile, des parfums et cosmétiques ;  et quelques produits « agricoles » dont le champagne et le cognac. Autant dire que la Bretagne sera  impactée en première ligne par les produits alimentaires entrants.

Aussi, le temps est venu de penser autrement l’agriculture, pour produire davantage de valeur ajoutée, afin de nous retirer de la concurrence frontale et inégale avec des productions à bas-coût du reste du monde…

Pour conclure, le rayonnement de la Bretagne par la valorisation de son identité, de ses cultures et de ses langues.

La campagne emojibzh a montré l’attachement des Bretons à leur région

La Bretagne c’est aussi la langue bretonne et le gallo….

Sur la question du tilde, la ministre a envoyé un signal, mais celui-ci semble bien plus faible que celui émis depuis une galaxie voisine et détecté par un téléscope canadien…

Malgré le travail collectif, Région, parlementaires, associations, familles…rien n’est gagné et il nous faut rester vigilants et rappeler que certains de ceux qui se mobilisés sur le tilde semblent bien plus timorés lorsqu’il faut parler du statut des langues régionales, quand il faut sécuriser juridiquement les écoles immersives telles que Diwan. On l’a vu avec la PPL de notre collègue Paul Molac : « il y a ceux qui embrassent le sujet dans sa globalité et ceux qui se contentent des symboles » comme le disait déjà Armand Keravel en 1985, pour Ar Falz et Emgleo Breizh  dans son mémorandum de 230 pages.

Cette proposition de projet de loi de Paul Molac qui est actuellement en train de le défendre à l’Assemblée nationale, fait écho à trois  propositions de loi de députés bretons de l’après-guerre. Des projets de loi de 1947, soutenu par les députés communistes Hervé, Cachin, Hamon, à celui de 1948, soutenu par les députés Vourc’h (RPF), Le Coent (PCF), Trémintin (MRP), en passant par le projet de Louis Le Pensec de 1981, jusqu’au projet de notre ami Paul Molac de 2020, la langue bretonne, après avoir été si longtemps langue proscrite, aujourd’hui tolérée, n’a toujours aucun statut juridique : ni langue nationale (comme l’est le gallois au Pays de Galles), ni langue officielle, ni langue favorisée.

Faut-il rappeler deux promesses de chefs d’État ? Celle de Valéry Giscard d’Estaing, en 1977, appelant à la reconnaissance de « la dignité et la valeur » de la langue bretonne, et celle de François Mitterrand, en 1981, déclarant:  » Le temps et venu d’un statut des langues et cultures de France qui leur reconnaisse une existence réelle. »

Nous nous heurtons toujours au même mur. Seule différence, le breton a droit aujourd’hui à quelques soins palliatifs pour accompagner une mort lente voulue par les jacobins de tout poil  et de toutes couleurs.

Il appartient aux élus de cette assemblée de dénoncer la façon dont le projet de loi de Paul Molac est dénaturé et de demander au pouvoir central de respecter la volonté très majoritaire des Bretons. Un emoji gwenn ha du c’est bien, la reconnaissance de nos langues, breton et gallo, c’est mieux.

Question orale du Groupe des Régionalistes, portée par Mona Braz, sur l’accompagnement nécessaire auprès de la commune de Carhaix et auprès du Festival des Vieilles Charrues pour accompagner la dynamique du centre-Bretagne.

Texte: Monsieur le Président,

La Bretagne est une terre de festivals. Des festivals portés par des bénévoles et des acteurs du territoire. C’est vrai dans le cinéma, à Douarnenez ou à Groix, dans le théatre à Lanester, dans la radio à Brest, dans la musique à Paimpol, à Lorient, à Rennes à Carhaix et bien d’autres. Certains sont nés avec des projets éditoriaux assumés, d’autres avec des envies de développement local.
Chacun d’eux ont des retombées économiques importantes sur leur environnement socio-économique. Nous avons reçu une étude qui par exemple montre l’impact des Vieilles Charrues sur le Poher à 18 millions d’euros de retombées économiques.
Ce festival fait face aujourd’hui à une crise de croissance qui nécessite quelques aménagements d’avenir sur un site qui nous est cher, à nous région Bretagne, le site de Kerampuil. C’est un site sur lequel nous intervenons déjà à différents titre de manière volontariste depuis de nombreuses années.
Aussi, monsieur le président, nous vous demandons si la Région Bretagne pourrait prendre quelques initiatives qui permettent d’accompagner la commune de Carhaix et son festival dans l’amélioration de son cadre d’accueil. Nous sommes dans une région où les festivals sont d’abord le résultat de l’investissement des acteurs locaux, ce qui n’est pas toujours le cas ailleurs. Lorsqu’ils se développent et que la collectivité locale est au rendez-vous, la Région Bretagne doit prendre sa part également au bénéfice de tous.

Réponse du Président Loïg Chesnais-Girard à la Question orale du Groupe des Régionalistes portée par Mona Braz à propos de l’accompagnement nécessaire auprès de la commune de Carhaix et auprès du Festival des Vieilles Charrues pour accompagner la dynamique du centre-Bretagne.