Politique Générale

Interventions et textes de politique générale en 2021

SESSION DU 9 AVRIL

Intervention de Paul Molac:

https://new.synople.tv/live/20356?s=3670&e=4244&odj=hide

Texte:

Monsieur le président, chers collègues,

Le virus est encore là. Y compris en Bretagne, même si c’est dans une moindre mesure. Nous en sommes très conscient, preuve en est les conditions très particulières d’organisation de cette session ; je salue tous les collègues qui ne peuvent être présents avec nous aujourd’hui, j’ aurais bien aimé les revoir pour cette dernière session.

Face à cette situation, c’est d’abord l’esprit de responsabilité et de prudence qui doit prévaloir.

Nous pensons néanmoins que le retour à l’uniformité des règles de confinement sur l’ensemble du territoire est un choix dommageable. On aurait put imaginer des contraintes renforcées là où le virus galope, et des contraintes moindres là où la situation sanitaire reste maîtrisée. Vous savez que je suis partisan d’adaptation régionale des règles de manière générale. Dans la crise, on aurait pu imaginer des assouplissement infra-régionaux. Je m’ en suis d’ ailleurs fait l’ écho lors des questions d’ actualité au gouvernement, en soulignant que pour notre Région, le couvre-feu à 18h ne me paraissait pas une bonne chose. Il entraîner les gens à se presser juste après le travail pour faire leurs courses au lieu de les étaler largement sur la semaine. Eviter les regroupements dans les agglomérations, évidemment il faut prendre des mesures, on ne peut pas être contre les mesures non plus, la situation n’ est pas simple. Toutefois, le couvre-feu dans les hameaux peut prendre des allures étrange. On me rapporte le cas d’un brave homme qui, dans le Nord-Finistère, a été verbalisé pour être aller porter sa poubelle dans les containers au en soirée sans masque au bout de son chemin où la densité piétonne est quasiment nulle. Il ne faut pas confondre la forme et l’ esprit de la loi. Différenciation et discernement ne nuisent pas à une bonne application de la loi.

En Région Bretagne, l’adaptation des règles communes à la réalité fine des territoires, on sait faire.

Je veux pour preuve notre nouvelle politique territoriale, dont les mécanismes ont été précisés lors de la dernière commission permanente. L’esprit est simple : ajuster nos aides territoriales aux capacités et aux contraintes de chaque intercommunalité, à partir d’indicateurs partagés. Je veux saluer la ténacité de notre Vice-présidente Laurence Fortin dans cette démarche. La différenciation que nous demandons à l’ Etat, la Région se l’applique dans ses propres politiques. Les atouts et les contraintes, les demandes, ne sont pas les mêmes à Carhaix, à Ploërmel, à Brest, la Région adapte donc ses outils à chaque cas, effet de la péréquation. Je crois que c’ est à souligner car effectivement, je ne pense pas que la péréquation ne soit le rôle de l’ Etat, et je dois bien avouer qu’ il le fait assez mal quand on voit par exemple les DGF. Nous, mais également les départements, faisons de la différenciation et cela me semble nécessaire pour nos territoires ruraux, je tiens à le préciser. L’ Etat pourrait s’ inspirer de l’ agilité bretonne.

Cet exemple traduit bien l’esprit de l’exécutif régional, un esprit de dialogue et de co-construction avec les territoires, même quand il y a des différences politiques, en témoigne notre travail commun avec Lorient Agglomération sur la situation de la Fonderie de Bretagne, que nous allons essayer d’ accompagner dans sa modernisation et dans sa reprise. Un état d’esprit de dialogue qui ne cède pas sur les grands principes ou les grands enjeux, en témoigne notre volonté de prendre le temps avec l’Etat pour que la convention sur les langues ou avec le CPER.

Je veux aussi saluer le travail qui sera présenté ce matin sur la jeunesse. J’ai lu dans la presse que certains trouvent que cette session ne comporte pas de vrais sujets. La jeunesse me semble pourtant un sujet majeur. A 18 ans, on apprend la vie d’adulte, on se forge ses premières expériences, on tisse des réseaux qui seront utiles toute la vie. Avec la crise sanitaire, nous avons une génération dont les phases d’apprentissage de la vie d’adulte sont confinées, fragilisées, dont les opportunités en terme d’emplois, de formations, de stages, sont abîmées. Que le Conseil Régional de Bretagne saisisse pleinement ces questions pour que cette génération retrouve des pistes d’espoir, croyez moi, c’est un vrai beau sujet pour cette session.

Enfin, bien sûr, un mot pour remercier chacune et chacun d’entre vous qui ont contribué, par leurs réseaux, par leur votes, par leurs influences, à permettre le vote de la loi sur les langues hier à l’Assemblée Nationale. Je tiens à saluer les deux collègues parlementaires présents ici aujourd’hui, il y en a d’ autres, nous avons vraiment fait œuvre commune ; les députés des territoires concernés étaient là ; ils ont défendu leur langue, mais aussi leur population. Je dirais que je suis très satisfait quand le Parlement reprend la main sur le Gouvernement. Le Parlement, c’ est la représentation du peuple. C’ est particulièrement important que ce soit le peuple, à travers ses parlementaires, qui fasse la loi et l’ état.

Je salue également votre travail, Monsieur le Président. J’ ai bien compris que si les 13 régions avaient demandé à voter la loi conforme, c’ était grâce aussi à la Région Bretagne. Je veux également souligner le travail des associations qui dans toute la France sont allées voir leurs députés. En particulier les Alsaciens, les Occitans, les Basques, les Catalans, les Corses et les Bretons. C’ est grâce à ce mouvement d’ ensemble que nous avons réussi à mettre nos langues sur le devant de la scène, et à montrer que finalement cette société sera une société aux identités multiples – le Ministre de l’ éducation a parfois du mal à le comprendre – où nous saurons nous ouvrir à la différence et à l’ altérité. Quand les Bretons savent se rassembler, nous pouvons faire de grandes choses pour l’ ensemble de nos concitoyens.

Pour terminer je n’ oublie pas les enjeux de l’ universel. Le particulier et l’ universel sont les deux jambes avec lesquelles l’ humain mène sa vie et poursuit son chemin. C’ est important et on l’ a rappelé, le dérèglement climatique, les inégalités sociales, la question sociale, sont aussi des projets et des problèmes que nous avons à régler , nous l’ avons vu entre autre avec les Gilets jaunes et comme l’ a bien dit Eric Berroche, « avoir 20 ans et avoir faim, ce n’ est pas tolérable dans notre pays ».

Je vous remercie.