Politique générale

Les vidéos et textes de nos interventions en Politique générale 2019.

SESSION D’ OCTOBRE 2019

Discours de Paul Molac sur le Plan breton de mobilisation pour les jeunesses – Point d’ étape.

Texte:

Une politique jeunesse pour une Région ou pour une collectivité, c’est quelque chose de difficile à définir. On le voit dans la relation aux citoyens.

Par exemple, si un jeune crée une pizzeria à Rennes, c’est de l’économie.

Si un autre jeune crée un club de football gaélique à Liffré, c’est du sport.

Si un jeune crée un festival un Hélléan, c’est de la culture.

Mais si un jeune fait le zouave dans une cage d’immeuble de HLM ou dans un arrêt de car de nos villages…..c’est un problème de jeunesse !

Les choses ne sont heureusement pas aussi caricaturales, mais parfois véhiculés ainsi dans certains discours.

L’essentiel d’une politique jeunesse tient en deux choses :

-D’une part reconnaître la diversité des jeunesses, la diversité de leurs milieux sociaux, la diversité de leurs pratiques culturelles, la diversité de leurs projets de vie.

-D’autre part, considérer le jeune comme une ressource, un potentiel, dont les politiques publiques doivent favoriser l’autonomie et l’émancipation individuelle dans des projets collectifs.

De ce point de vue, le point d’étape et les axes de travail présentés aujourd’hui constituent une base de travail pour aller dans la bonne direction.

Ce sur quoi il me semble que nous devons insister, c’est que ce document nous permet, avec les différents partenaires associés, d’aller vers ce qu’on appelle des politiques intégrées de jeunesses.

En effet un des sujets, c’est que les jeunes ont à leur disposition une foule de dispositifs, qui les aident qui dans l’orientation scolaire et professionnelle, qui dans les loisirs, qui dans la recherche d’emplois, etc.

Mais il manque bien souvent de collaboration, de passerelles, entre tous ces organismes, qui permettraient de s’assurer que le jeune soit accompagné de manière globale. Lorsqu’un jeune vient solliciter une aide d’orientation ou vient présenter un projet d’intérêt collectif dans nos territoires, nous devons, nous institutions publiques, être en mesure de dépasser le besoin exprimer, et d’avoir une approche globale du futur ou jeune citoyen dans son parcours.

Nous pensons que le dossier présenté aujourd’hui prend cette direction.

Nous pensons néanmoins que cette dimension intégrée et globale de l’accompagnement des jeunes sur le chemin de l’émancipation mérite quelques renforcements dans sa phase de construction.

Passons sur le fait que le schéma en annexe ne mentionne pas notre politique sportive, c’est probablement une coquille malheureuse. Nous pourrions par contre utilement élargir le périmètre de la conférence jeunesse pour enrichir ses travaux. Nous pensons par exemple aux organismes comme les CJD, Centres de Jeunes Dirigeants d’entreprises, habitués aux enjeux de l’insertion par le travail.

Nous pensons aussi aux acteurs de la culture et de langue bretonne, habitués aux sein des bagadou, des cercles, des écoles immersives ou des clubs de gouren par exemple, à travailler les questions de l’autonomie des jeunes au travers de leviers qui favorisent l’ancrage dans nos territoires et qui favorisent l’intergénérationnel, dimension parfois absente des politiques jeunesses, et louper ce pan là en Région Bretagne, ce serait dommage.

Sur ce dernier point, des assurances ont été données au Conseil Culturel de Bretagne, mais c’est bien de le redire ici.

En tous les cas, merci à Pierre Pouliquen et aux services concernés pour les perspectives proposées, qui seront utiles à la Bretagne, pour peu que dans la méthode, on favorise aussi les pratiques qui permettent aux services d’aller vers les jeunes, en ville ou à la campagne, pour que le champs des possibles soient saisis par le plus grand nombre.

Discours de politique générale de Paul Molac

Texte:

Monsieur le président, chers collègues,

Permettez moi de commencer mon propos loin de Bretagne par une pensée pour les citoyens kurdes, qui subissent actuellement une attaque militaire turque, alors qu’ils ont été, et sont encore, le premier rempart à Daesh sur le terrain. Souhaitons que la comunnauté internationale sache stopper cette acte de guerre, car au-delà des drames humains, la perte de confiance des kurdes envers les occidentaux aurait des conséquences terribles.

Le mot que je souhaite mettre en avant aujourd’hui est justement celui c’est celui de la confiance.

La confiance qui existe en Bretagne, la confiance à y entretenir, la confiance que nous n’avons pas de l’Etat central.

La confiance qui existe en Bretagne, c’est d’abord la confiance en la Bretagne elle même. Le très récent sondage TMO pour le compte de deux cercles de réflexion le montre. Une majorité des bretons est favorable à la réunification. Fait significatif, ce sondage confirme après d’autres, que cette opinion est majoritaire en Loire-Atlantique. La Bretagne inspire confiance, adhésion, nous nous devons trouver le moyen de répondre à cette attente, ne perdons pas de vue cette ambition dans nos travaux.

Je note d’ailleurs que dans son rapport sur la fusion de certaines régions, la Cour des Comptes relève ceci, je cite : « la répartition préexistante des départements entre les régions n’a pas été remise en cause, ce qui a sans doute compliqué la recherche d’une délimitation cohérente ». Vous le voyez, même la Cour des Comptes exprime sa confiance dans une Bretagne qui serait entière.

La confiance qu’il faut entretenir, voire rétablir, c’est celle des citoyens envers l’économie productive. Cela suppose la transparence des pouvoirs publics.

L’épisode de l’incendie de Rouen a nourri de nouveau la défiance envers les pouvoirs économiques et politiques, la méfiance est l’accueil réservé aujourd’hui à la parole publique : nous avons le devoir de réussir en Bretagne cet exercice démocratique  autour des problèmes posés par les pesticides. 

Cela suppose de progresser encore plus vite sur la qualité de nos modèles agricoles. De notre côté, nous avons confiance dans la capacité des agriculteurs à évoluer vers des modèles plus vertueux, plus en adéquation avec les demandes sociales parfois contradictoires. Mais il faut aller plus vite.

Les arrêtés municipaux controversés pris d’abord à Langouët puis dans des dizaines de communes en France ont un mérite : relancer le nécessaire débat public sur les enjeux de santé liés à l’usage des pesticides. Ces arrêtés prennent par contre le risque de crisper les relations entre une profession agricole prête à évoluer et la société.

De ce point de vue, la méthode que que vous venez de nous présenter monsieur le président, nous semble la bonne. Ambition d’accélérer le changement, appui sur les données scientifiques, expérimentation, ce sont les bases d’un contrat renouvelé entre les bretons et leur agriculture. Le citoyen signale l’urgence, l’exploitant agricole signale ses contraintes, entre les deux, c’est un nouveau contrat de confiance que vous proposez. Il faudra néanmoins que celui qui veut aller vite entende les rythmes de l’économie agricole, que celui qui s’arc-boute sur ses habitudes de production entende les attentes.

Il faudra surtout que s’instaure un dialogue respectueux de chacun, le monde agricole avance plus vite quand on le considère comme un partenaire.

La confiance que nous n’avons pas de l’Etat central, elle est récurente. Je passe sur le fait que nous attendons toujours des signes rassurants pour Diwan de manière pérennes et structurelles.

Tout récemment, lors du congrès des Régions le Premier Ministre dit sa volonté de recentraliser au niveau de l’Etat la gestion des fonds européens agricoles. Voilà un acte de défiance envers le fait régional assez déconcertant quand on connait la qualité du travail de la Région Bretagne avec les fonds européens qu’elle gère actuellement pour accompagner l’agriculture au plus près de ses réalités bretonnes et de ses transitions en cours. Au contraire, les difficultés que nous avons connu sont du fait de l’agence de paiement qui étaient resté au niveau de l’Etat. Retirer une action publique a un échelon régional qui sait faire, la redonner à un niveau central qui dysfonctionne, de n’est même plus de la méfiance, c’est ubuesque.

Nous serons donc à vos côtés, monsieur le président, pour continuer de travailler à obtenir la gestion de l’ensemble des fonds européens en Bretagne, c’est une question de bons sens, c’est un enjeu pour mener à bien les transitions évoquées plus haut avec méthode, dialogue et proximité.

Alors, nous avons des débats passionnés en Bretagne, et c’est normal, car les urgences sont là, tant pour l’environnement, la santé, que pour l’économie agricole.

Plaçons ces débats sous le sceau de la confiance réciproques entre les acteurs pour entretenir des cercles vertueux.

Comme nous plaçons nous même, dans cette majorité régionale, cette session sous le sceau de la confiance dans les jeunesses bretonnes, nous en reparlerons tout à l’heure.

SESSION FEVRIER 2019

Pacte action publique en Bretagne

Intervention de Paul Molac

Introduction générale du budget

Intervention de Paul Molac

SESSION JUIN 2019

Discours de politique générale

Paul Molac

Texte:

Monsieur le président, chers collègues

Je vais commencer mon propos en citant Césaire. Pas le Ceser que nous citons les uns et les autres dans cette assemblée régionale, mais Aimé Césaire, celui qui liait politique et poésie.

« Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte. » écrivait-t-il dans son discours sur le colonialisme.

C’est à l’aune de cette phrase que nous lisons l’ambition de la Breizh Cop.
Défi environnemental et climatique, défi de l’équilibre territorial, défi de la cohésion sociale et démocratique : nous ne fermons pas les yeux, nous tentons de résoudre les problèmes.

Face à ce triple défi une collectivité régionale ne peut agir seule. C’est encore plus vrai dans le cadre d’un Etat qui traine à faire pleinement confiance aux Régions et à lui laisser les moyens d’agir.
Mais la semaine de la Breizh Cop à Saint-Brieuc l’a démontré : grâce à un esprit de véritable co-construction, au delà de notre institution, c’est la diversité des collectivités bretonnes, la diversité du monde associatif, la diversité du monde de l’entreprise qui se mobilise pour engager la Bretagne dans les transitions nécessaires.
On le sait, tous ne sont pas au rendez-vous, les engagements des uns et des autres n’ont pas la même force, il reste à convaincre. Mais ce mouvement collectif provoqué par l’exécutif régional ne s’arrêtera pas, et il le faut pour être une civilisation qui résoud ses problèmes, pour être une terre de solution.

Il est à ce titre particulièrement rassurant de voir la qualité de la mobilisation des jeunesses lors du temps qui leur était consacré durant cette semaine. Ceux qui ont suivi les mobilisation des jeunes pour le climat ces dernières semaines n’en seront pas surpris.
« C’est la jeunesse qui doit dire ce qu’elle va faire, c’est la jeunesse qui fera naître une autre Afrique », disait le même Césaire.
On peut dire la même chose ici de la Bretagne, après avoir vu la diversité de la jeunesse qui ose, de la jeunesse qui propose, de la jeunesse qui construit.
Et ce qui est vrai pour l’environnement l’est aussi dans bien d’autres domaines, il est ainsi du développement de la langue bretonne, on l’a vu avec la mobilisation de la jeunesse pour mener à bien la Gouel Broadel ar Brezhoneg à Langonnet.
Il y a cependant à côté de la jeunesse qui ose celle qui n’ose pas, ou pour mieux dire la jeunesse qui voudrait agir mais qui a besoin d’accompagnement pour oser. C’est à nos yeux tout l’enjeu du dialogue structuré autour des politiques jeunesses que mènent actuellement l’Etat et la Région en Bretagne : faciliter l’accès à l’engagement sous toutes ses formes aux jeunes de tous les territoires, pour qu’ils aient tous les clefs pour bâtir la Bretagne de demain.

En tous les cas, la Breizh Cop, c’est la Bretagne rassemblée, car il n’y a de victoire que collective.
C’est ce qu’il faut retenir de l’accord obtenu au parlement pour ouvrir la voie du forfait communal pour l’enseignement en breton. Le contenu du texte aurait pu être plus clair, aurait pu être plus fort, c’est néanmoins une victoire. C’est lorsque le monde associatif, la Région Bretagne, les collectivités locales et les parlementaires bretons avancent ensemble que les obstacles du centralisme français cèdent. Ceci dit, quand on voit le peu qu’il cède, il va en falloir de l’esprit de rassemblement et de mobilisation sur les sujets propres à la Bretagne.

Et pour être fort, il ne faut pas avoir peur de son ombre. Nous ne pouvons qu’être en colère quand on voit une commune de la baie de Douarnenez céder aux pressions de La Poste en effaçant la toponymie bretonne des noms de lieu et des adresses. Rappelons que la Suisse a 3 langues officielles. On imagine aisément que la coexistance de 3 langues officielles n’empêche pas le service du courrier de fonctionner. Rappelons au maire de Telgruc que les noms de lieu font partie de la poésie de la géographie, de l’esthétique d’un espace humain. Ne banalisons pas cette poésie.

J’évoquais donc la nécessité du rassemblement des acteurs bretons sur ce qui nous unit, ce qui fait la Bretagne. Cela n’empêche pas par ailleurs le débat, la confrontation, sur la base des valeurs.
Notre groupe et notre majorité croient fermement dans les principes de solidarités, aux principes de justice sociale, aux logiques vertueuses du développement local.
J’ai lu, comme vous, un libéral français déclarer que le capitalisme est devenu fou. Aimé Césaire, toujours lui, répondait déjà : « une société qui ruse avec ses principes est une société moribonde ».
La France est un pays qui importe 50% des fruits et légumes qu’elle consomme, 1/3 de la volaille, ¼ de la viande de porc. Le tout souvent dans avec des normes sociales, sanitaires ou environnementales au rabais.
Voilà qui valide la stratégie de la Région Bretagne de soutien à ses filières dites du « bien manger ». Mais voilà aussi qui souligne le besoin de régulation, au service du développement local.
Et cet esprit de régulation, l’Etat en manque parfois dans sa relation avec les Régions de France.

J’en veux pour preuve la réforme de l’apprentissage. La logique de la nouvelle loi, c’est de déréguler complètement le financement des CFA, en organisant une véritable concurrence entre eux. Alors que jusqu’ici, les Régions organisaientt des coopérations au services des politiques économiques, sociales et d’aménagement du territoire. Comble du cynisme, l’Etat qui se rend compte que sa stratégie nouvelle peut provoquer des dégats, incite les Régions à gérer les conséquences dommageables de sa politique, sans vrais moyens à la hauteur. Alors, je ne sais pas si le capitalisme est devenu fou, mais l’alliance du libéralisme économique et du centralisme politique va rendre nos territoire fou, c’est certain.

Un mot pour terminer pour dire le soutien, l’intérêt, de notre groupe à tous ceux qui continuent d’entretenir le projet dit d’Assemblée de Bretagne. Il y a là un beau projet concernant l’organisation de nos institutions. Nous lisons ici où là quelques conservatismes s’y opposer. Mais c’est inéluctablement le sens de l’histoire, de l’histoire inscrite dans un temps long.
Citons Césaire, Aimé Césaire, une dernière fois
« j’habite une blessure sacrée
j’habite des ancêtres imaginaires
j’habite un vouloir obscur
j’habite un long silence
j’habite une soif irrémédiable
j’habite un voyage de mille ans ».

Oui, la Bretagne est un voyage de mille ans, un vouloir obscur, une soif irrémédiable. Penser une forme moderne de son organisation démocratique adaptée au XXI°, c’est une ambition que nous devons porter, voilà un beau sujet pour nos travaux sur la différenciation bretonne.

Paul Molac