Tourisme et Patrimoine

SESSION OCTOBRE 2020

Schéma régional de développement du tourisme et des loisirs 2020-2025

Mona Bras

Texte:

Monsieur le Président, madame la vice-présidente, chers collègues,

Je tenais à souligner la pertinence de la méthode choisie, à savoir la co-construction d’une vision partagée et la coopération entre les tous les acteurs publics et privés du tourisme. L’organisation en destination touristique a permis de dépasser les territoires institutionnels et d’ instaurer une synergie entre tous les niveaux pour passer de la concurrence territoriale à la complémentarité et à la coopération, y compris en redessinant la Bretagne réunifiée par le tourisme.

En plein retour de l’épidémie, il faut saluer ici les actions engagées par notre collectivité au cours des derniers mois. Elles ont été rapides, pertinentes et appréciées des professionnels du secteur Les modestes moyens de la Région Bretagne, notre budget 2020 pèse 1,6 milliard d’euros, semblent dérisoires par rapport aux pertes financières du seul secteur touristique entre le 15 mars et le 30 juin, pertes estimées à environ 1,5 milliards d’euros. Mais le Plan de relance régional a été efficace, comme le montrent les chiffres de fréquentation de cet été. Pour autant, les inquiétudes demeurent. Le tourisme professionnel et l’évènementiel sont encore à l’arrêt, et les secteurs de l’hôtellerie, de la restauration, du spectacle vivant sont toujours à la peine. Combien survivront, et sous quelles formes, à des dispositions sanitaires de plus en plus contraignantes et à la crise économique qui sourd dans les pas de la crise sanitaire?

Je fais un focus sur les deux valeurs socles choisies pour identifier ce Schéma régional de développement du tourisme et des loisirs 2020-2025, deux valeurs que sont identité et transitions. Deux valeurs qui sont aussi indissociables que le sont biodiversité et diversité culturelle Deux valeurs qui s’inscrivent dans le cadre de la Breizh Cop. Ainsi, les transitions sont incontournables en cette période de bouleversements climatiques, inévitables devant les exigences écologiques des visiteurs et des acteurs de la Bretagne. Je pense au «bien manger» en Bretagne, indissociable du bien produire en Bretagne dans une agriculture résiliente, productive et coopérative avec le littoral en termes notamment de qualité des eaux.

Dans notre feuille de route Breizh Cop, nous affirmons aussi qu’il faut «faire de l’identité bretonne un vecteur de différenciation et d’appropriation».

Mais, avant d’être une marque, fut-elle territoriale, la Bretagne est Univers, disait Saint-Pol-Roux , le poète de Camaret dont André Breton avait fait le grand ancêtre du surréalisme.

Or, là où nous aurions aimé voir une ambition vraiment affirmée concernant la langue bretonne, élément essentiel de l’identité bretonne, nous constatons comme une zone blanche. Nous pensons qu’ il s’ agit d’ un simple oubli. Et le volontarisme proposé ce matin, Monsieur le Président, nous rassure sur ce point, car la langue bretonne n’ est pas un gadget. Elle est notre langue. Elle est la dernière langue celtique continentale vivante sur le continent européen. Soyons conscients de la valeur de ce trésor linguistique dont nous sommes les dépositaires. Souvenons-nous de la mise en garde : « Hep brezhoneg Breizh ebet ! », sans langue bretonne plus de Bretagne. Et si l’identité de la Bretagne en a fait une des destinations d’été privilégiées par les Français, sachons donner corps à ce positionnement fort «Identité et transitions», sachons nourrir et développer notre identité linguistique, socle de notre identité culturelle qui renforcera l’attractivité heureuse de la Bretagne, sur ses cinq départements cela va de soi.

Il est incontestable que nous avons su collectivement faire de ce passage obligé par la loi, un document de référence pour faire du tourisme et des loisirs en Bretagne un modèle de développement soutenable associant public et privé, économie, social, culture et écologie.

Je vous remercie.